Un tag « Juden raus » (les Juifs dehors) signé « EL » souille depuis hier le monument du Staufen à Thann.

 

Quelle peut bien être la logique d’un tel acte ?

 

Quel est le degré d’imbécilité qu’un antisémite doit atteindre, pour croire qu’un tel geste puisse de quelque manière que ce soit, faire avancer sa cause ? Et pourquoi choisir la langue allemande dans une région où la majorité de la population ne comprend, hélas, que le français ?

 

S’il s’agit bien d’un acte antisémite, alors il est l’expression d’une crétinerie insondable et ses auteurs n’y gagneront que la brève jouissance d’un buzz passager. Dans tous les cas, ils ne s’attireront aucune sympathie parmi les véritables défenseurs de l’Alsace.

 

Car il est bien évident qu’Unser Land et toutes les personnalités de la mouvance autonomiste vont rejeter ces écrits. Alors, que veut nous dire la personne qui a peint ces lettres noires à la bombe ? « Rejoignez-moi » ? « Tous unis sous ma bannière antisémite » ? Mais dans quel but ? Cette façon d’agir défie le bon sens.

 

L’hypothèse de l’acte commandité est, elle, beaucoup plus logique, et la déclaration du maire de Thann, Romain Luttringer, au journal L’Alsace (1) ne fait que la confirmer, sans doute involontairement. En effet, sans avancer la moindre preuve, celui-ci affirme que les auteurs du tag et les patriotes alsaciens qui ont hissé le Rot un wiss près de la croix du Staufen à deux reprises depuis cet automne ne font qu’un !

 

Comment un élu de la république peut-il se substituer à la police et à la justice et déclarer une personne qu’il ne connaît même pas, coupable de tel ou tel acte ? Une telle énormité est révélatrice de l’ambiance qui règne actuellement dans le monde politique alsacien.

 

Les élections de décembre approchent, Unser Land a officiellement annoncé sa candidature. Or, le parti régionaliste a réalisé un excellent score aux départementales.

 

La nomenklatura politique en place sent bien que le peuple en a plus que marre de cette caste de nantis qui ne pensent qu’à s’assurer des petits postes confortables.

 

Unser Land représente une vraie alternative, un espoir même, et donc un danger pour les appareils parisiens et leurs défenseurs locaux.

 

Comme ils n’ont pas d’arguments à opposer au bon sens qui voudrait que comme partout ailleurs en Europe, les régions historiques gèrent elles-mêmes leurs affaires, ils n’ont plus qu’une seule solution : discréditer Unser Land en le faisant passer pour un parti d’extrême droite !

 

Ce tag qui nous insulte (car qui insulte une communauté humaine nous insulte tous), écrit comme par hasard en allemand, signé comme par hasard EL pour Elsass-Lothringen, qui désigne aussi grossièrement la mouvance autonomiste, voilà du pain béni pour les partis parisiens.

 

C’est à la police et à elle seule de trouver le ou les coupables. En attendant, nous assimiler, nous, régionalistes, autonomistes ou séparatistes, qui sommes solidaires de toutes les communautés d’Alsace, à ce racisme, est odieusement diffamatoire et ne fait que révéler le néant des arguments de ceux qui se sont ralliés au diktat de la fusion !

 

Joseph Schmittbiel

 

 

(1) « Voilà ce que des crétins irresponsables viennent de faire. Il y a 15 jours, ils avaient changé le drapeau français pour le drapeau alsacien pour la deuxième fois. La nuit dernière ils sont allés plus loin dans leur connerie. »

Romain Luttringer, maire de Thann, au journal l’Alsace, le 22 juin 2015

http://www.lalsace.fr/actualite/2015/06/22/des-tags-antisemites-sur-le-monument-de-la-croix-du-staufen