Islam et Alsace Moselle (suite et fin)

Une seule personnalité a répondu à ma supplique de la semaine dernière qui appelait à intégrer l’Islam dans notre droit local d’Alsace Moselle. Il s’agit de Monseigneur Grallet, par l’intermédiaire de son chancelier, que je remercie ici chaleureusement. Sa réponse est dévastatrice, mais cela n’est pas de son fait.

Certes, les cultes reconnus ont déjà donné leur accord à cette intégration, à la condition bien entendu, que le traitement soit égalitaire entre toutes les religions concernées. Mais, et je cite ici le chancelier : « La question de l’intégration de l’Islam au régime concordataire a bien été évoquée devant l’Observatoire de la laïcité à Paris. Elle se heurte, dans l’immédiat, à des problèmes constitutionnels. Seule la représentation nationale est souveraine ».

Vous avez bien lu. C’est l’Assemblée nationale qui décide, point barre.

 

Que toute modification du droit local doive être conforme à la constitution française me paraît logique, qu’il faille pour cela adresser chaque nouveau texte à une commission de juristes indépendants serait souhaitable, mais que les changements eux-mêmes soient soumis à la représentation nationale est délirant !

Citoyenne alsacienne, citoyen alsacien, on se fout complètement que tu sois pour ou contre l’intégration de l’Islam dans le droit local, car tu n’as rien à dire, t’as juste le droit de la fermer, ce sont les députés de Clochemerle, de Trifouilly-les-Oies et du diable Vauvert, qui n’ont jamais mis les pieds en Alsace et qui sont grassement indemnisés pour venir ronfler sur les bancs de l’Assemblée qui vont décider à ta place. N’oublions jamais le scénario impitoyable de la fusion de l’Alsace dans ce « grand machin dans l’est », imposée contre l’avis des Alsaciens et de leurs représentants, et votée nuitamment par une poignée de parlementaires à Paris.

 

L’énormité dictatoriale de cet Etat * qui s’autoproclame patrie des droits de l’homme, éveille toujours cette même question en moi : comment ne pas être séparatiste devant tant d’injustice ?

Que l’Alsace soit rattachée à l’Allemagne, qu’elle devienne un canton suisse ou qu’elle arrache son indépendance : aucune des ces trois solutions ne peut être pire que sa situation actuelle. Dans aucun de ces cas de figure, la langue française ne perdrait ses droits chez nous, la démocratie en revanche aurait tout à y gagner.

 

La France sombre inexorablement. Or il fut un temps où la République de Strasbourg lui accordait des prêts pour l’aider dans son développement. L’histoire ne se répète jamais, mais le monde ne cesse d’évoluer. Une génération de leaders alsaciens adultes et décomplexés doit voir le jour. Des gens capables d’imaginer la place que notre région occupera à l’avenir sur la scène internationale, celle d’un pays jeune, fier de sa double culture, polyglotte, entreprenant, solidement associé à ses voisins immédiats, et développant des partenariats sur tous les continents. Un Etat capable de venir en aide à son grand riverain, à l’ouest, ce corps malade de l’Europe, bref : une Alsace libre, traitant d’égal à égal avec la France, dans un souci de fraternité.

 

Joseph Schmittbiel

 

* J’invite ceux qui doutent encore de la nature viscéralement coloniale de la France à lire cet excellent article de Mawuna Remarque Koutonin (cliquer ici)