Que l’on soit régionaliste, autonomiste ou séparatiste alsacien, le combat pour les Heimatrechte ne doit en aucun cas être une lutte ethnique. Il faut non seulement le rappeler régulièrement mais aussi fournir des arguments rationnels qui permettent de comprendre pourquoi le fait de classer les êtres humains en fonction de leur origine ou de leur religion – et de leur nier ou de leur accorder des droits en fonction de celles-ci – est, en dehors même de toute considération morale, une erreur grossière, vouée à l’échec et qui doit être bannie de l’action politique.

 

La photo d’illustration ci-dessus nous montre une partie d’un monument qui se trouve à l’entrée de la bonne ville de Straßburg im Elsass, le long de la route du Rhin, sur le côté droit lorsqu’on vient de Kehl. Il a été déplacé récemment en raison d’importants réaménagements urbains, et, les travaux se poursuivant, n’est actuellement (juin 2015) pas très visible. Cependant il trône en bord de route et son texte est bien orienté vers le visiteur venant d’Allemagne.

 

Il commémore l’exécution, le 15 juillet 1943 de six compatriotes. Joseph Seger, Robert Meyer, Charles Schneider, Alphonse Adam, Robert Kieffer et Pierre Tschaen ont été fusillés pour avoir imprimé et diffusé un tract appelant les jeunes Alsaciens à ne pas répondre à la convocation de la Wehrmacht, bref, à déserter. Vous trouverez le contenu de ce tract ci-dessous. L’institution qui les a condamnés était le Volksgerichtshof, le tribunal dit du peuple, présidé par Roland Freisler.

 

Le comportement de cet homme était particulièrement odieux. En tant que juge, il ne laissait aucune chance aux accusés, leur coupait la parole quand leur défense ne lui convenait pas et allait jusqu’à humilier publiquement des femmes et des hommes qu’il savait condamnés à mort par avance et dont il goûtait sans doute l’angoisse dans l’attente du verdict. Ces faits sont avérés, les enregistrements de nombre de ses procès l’attestent.

 

Et c’est ici que le monument de la route du Rhin me pose problème. En effet, il nous dit que ce sont « les Allemands » qui ont assassiné ces six malheureux prisonniers. Cela sous-entend que l’ensemble des Allemands de l’époque approuvait ce verdict du Volksgerichtshof, or rien n’est plus faux. Les victimes de Freisler, dans leur immense majorité étaient Allemandes !

 

Car il n’a de loin pas sévit qu’en Alsace, c’est lui qui, à München, a condamné Hans et Sophie Scholl, ainsi que tous leurs compagnons de la Rose blanche, à être décapités. Plus tard à Berlin, c’est lui qui condamne à mort les conjurés de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. Wikipedia nous dit qu’il est responsable de 2600 condamnations à mort !

 

Doit-on inclure ces Allemands-là parmi les assassins de nos frères ? Et leur adjoindre le pasteur Dietrich Bonhoeffer, exécuté en camp de concentration, Georg Elser qui, tout seul, a bien failli éliminer Adolf Hiltler le 8 novembre 1939, et ces innombrables patriotes, allemands jusqu’au bout des ongles, amoureux de leur langue et de leur pays, dont certains s’étaient battus avec conviction pour leur empereur et leur patrie en 14-18, et qui ont tout perdu, leurs biens, leurs familles et leur vies, uniquement parce qu’ils étaient juifs ?

 

Force est donc de constater que par le choix de sa formulation, ce monument stigmatise des personnes innocentes, en leur attribuant un crime qu’elles n’ont jamais commis. Pire, en accusant tout un peuple, il entretient de vieilles rancœurs qu’on aimerait savoir disparues, surtout à cet endroit ! surtout sur cette frontière ! Mais ce faisant, il dessert aussi complètement la cause qu’il aimerait défendre, car au lieu d’appeler à la fraternité, il cautionne de futures exécutions. En effet, si TOUS les Allemands de l’époque étaient coupables, ceux d’aujourd’hui doivent bien l’être un peu aussi, non ?

 

Et voici refermé le piège de la lutte ethnique. Elle te fait prendre ton pire adversaire pour un allié, et te force à combattre celui que tu devrais prendre dans tes bras. Ce n’est pas parce qu’untel est blanc, né en Alsace et dialectophone qu’il va forcément rejeter cette forme de colonialisme qu’est le centralisme parisien. Ce n’est pas parce qu’une telle est d’origine arabe et porte un foulard, qu’elle ne peut pas s’attacher à notre Heimat et la défendre autant que nous.

 

Battons-nous pour nos idées, avec des mots, avec courtoisie, sans violence et sans critiquer nos adversaires en raison de leurs origines !

 

Joseph Schmittbiel

 

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Die Einberufung der jungen Elsässer zur Wehrmacht, die trotz entschiedener Ablehnung seitens der französischen Regierung von den Nazibehörden in raffiniertester Weise ausgeklügelt wurde, ist gegen jedes Völkerrecht und ganz besonders gegen die Waffenstillstandsbedingungen.

Laut Waffensttillstandsvertrag darf kein Elsässer, der nicht die deutsche Nationalität besitzt, zur Wehrmacht eingezogen werden.

Deshalb dieser gemeine Schwindel mit der Verleihung der deutschen Nationalität am Tage der Einberufung.

Die große Stunde der Entscheidung hat geschlagen.

Es gehe deshalb kein aufrechter Elsässer in die Musterung.

Es verweigert ein jeder jegliche Unterschrift.

Es geht um unsere Ehre als Elsässer !

Es geht um unsere Überzeugung, unseren Glauben, unsere Zukunft.

Seid einig und bildet eine gemeinsame Abwehrfront.

Wir wollen nicht die eigenen Totengräber der elsässischen Freiheit sein ; denn :

Das Elsass muss leben und wird leben !