Lettre ouverte à Roland Ries, Maire de la ville de Straßburg im Elsass

Lettre ouverte à Roland Ries, Maire de la ville de Straßburg im Elsass

Monsieur le maire,   Strasbourgeois de naissance et dialectophone du quotidien, je défends notre dialecte depuis de nombreuses années. Lauréat du prix d’écriture de pièces de théâtre en alsacien décerné par le Conseil Régional en 1998, traducteur de Germain Muller pour les éditions Hirlé, traducteur de Marie Hart pour la Ville de Bouxwiller et les éditions Yoran, je diffuse – entre autres articles et vidéos – des enregistrements d’auteurs dialectaux sur mon blog qui, sans cela, ne bénéficieraient d’aucun accès ou presque, sur le net.   Vous avez eu la sagesse de changer d’avis au sujet des panneaux d’entrée de la ville de Straßburg et c’est pourquoi je tiens à vous exprimer publiquement mon soutien, ainsi qu’à votre adjoint, Monsieur Fontanel, sur ce sujet.   Votre position est délicate et je la comprends d’autant mieux que je sais qu’en défendant la solution Straßburg, je heurte bon nombre de ceux qui me suivent et apprécient par ailleurs mon travail. Il est même probable que ce choix soit minoritaire parmi les Alsaciens qui comprennent encore le dialecte – à défaut de le pratiquer quotidiennement – il serait donc plus aisé pour moi de me taire et de laisser passer, mais ma conscience me l’interdit.   En matière linguistique, l’Alsace se retrouve aujourd’hui face à un champ de ruines. Les Alsaciens ne pratiquent plus leur langue, ils ne connaissent leur histoire singulière que par bribes et les liens entre leur dialecte et la langue allemande standard leur sont parfaitement inconnus.   J’en veux pour preuve le conseiller Jean-Philippe Maurer qui lors du débat a évoqué l’œuvre d’André Weckmann pour défendre la solution... Weiterlesen...

L’alsacien c’est de l’allemand ? (une tentative de mise au point) 3/6

En lien avec ce troisième épisode de la série sur la langue, retrouvez les deux poèmes – le premier en dialecte, le second en allemand standard – de Johann Georg Daniel Arnold tiré du « Pfingschtmondaa », la première pièce de théâtre en alsacien en cliquant ici.  C’est dans ce livre qu’Auguste Wackenheim classe Carl Friedrich Hartmann parmi les fondateurs de la littérature dialectale alsacienne, on peut le lire en page 271, voir... Weiterlesen...
Das Elsass retten (4/12)

Das Elsass retten (4/12)

Unser Ziel war ein Dorf namens Heimweilerhausen. An diesem Tag stand das Dorffest an. Der Chef hatte den Bürgermeister angerufen und ihm, weiß der Kuckuck wie, die Erlaubnis zu einem Vortrag über die elsässische Geschichte abgerungen. Als er mir sein Vorhaben darstellte, brach bei mir der Angstschweiß aus: Bierstände, Musikkapellen, fahrbare Flammenkuchenöfen und eine Predigt über die germanische Abstammung der Elsässer? Das passte wie die Faust aufs Auge! Oder vielleicht doch nicht? Ich behielt vorerst meine Bedenken für mich und hörte weiter zu. Doch mit einem Schlag trat er auf die Bremse und hielt am Straßenrand an. Wir waren an lauter Maisfeldern vorbeigefahren und hatten jetzt rechts eine Kuhweide. Der Chef kletterte schon die Böschung hoch, sprang über den Zaun und lief querfeldein mitten durch das Revier der Kühe, die sich jedoch nicht weiter stören ließen. Ich folgte, ohne das rindviehische Hoheitsgebiet zu durchqueren, rannte das Gatter entlang um das Feld herum. Da sah ich einen Bussard, der verzweifelt fortzufliegen versuchte, und immer wieder zu Boden fiel, als wäre er an den Füßen festgebunden. Der Chef zog sein Sweatshirt aus und bedeckte das Tier. Damit wurde es ruhiger und erlaubte ihm, es zu untersuchen: Die Krallen hatten sich in einem Draht verfangen. Es hätte den sicheren Tod bedeutet, wenn der Chef ihn von der Straße aus nicht gesehen hätte. Vorsichtig befreite er die beiden Füße. Schreiend flog der Vogel wieder fort. Wir fuhren weiter und erreichten das Dorf nach einer Viertelstunde. Schon hundert Meter davor parkten die Autos links und rechts der Straße, so reihten wir uns ein und begaben uns zu Fuß zur Mairerie, wie das Rathaus auf... Weiterlesen...
France Bleu contre-attaque !

France Bleu contre-attaque !

par Joseph Schmittbiel Mon article du 23 octobre 2015 (cliquer ici pour le lire) a contraint la direction de France Bleu à modifier sa stratégie de communication. Le pot aux roses étant découvert, il n’était plus possible d’attendre la fin des élections pour annoncer qu’on allait supprimer l’antenne France Bleu Elsass : il fallait s’y prendre autrement.   Oserai-je l’avouer ? Au fond de moi brillait une lueur d’espoir, j’imaginais la radio de service public faire amende honorable, s’excuser même pour ces 23 années de diffusion de notre langue régionale sur un émetteur pourri, pour finalement nous annoncer qu’un confort d’écoute en FM aurait coûté moins cher. Faute avouée aurait été pardonnée, une nouvelle grille de programmes entièrement en alsacien aurait enterré le passé, je nous voyais tombant dans les bras les uns des autres en pleurant des larmes de joie sur notre dignité retrouvée… Bon, ça, vous l’aurez compris, c’est mon côté midinette, mon côté « un jour ma princesse viendra », j’ai tellement envie d’y croire que je m’égare en délires. Attendre des excuses du pouvoir parisien c’est comme espérer qu’un canard se mette à jouer au tennis : c’est complètement con.     Donc, six jours plus tard, le vendredi 30 octobre 2015, les DNA nous pondent un article (cliquer ici pour le lire) dont l’intitulé révèle une audace ébouriffante :  « A partir du 1er janvier 2016, France Bleu Elsass devient numérique » Woaow !!! Quel scoop ! Hé les gars, vous êtes au courant que cette radio est sur le web depuis trois ans ? Regardons dans les détails. Déjà, écrire radio « numérique », c’est une arnaque. « Webradio » serait... Weiterlesen...
Lettre du comité fédéral aux trois présidents

Lettre du comité fédéral aux trois présidents

11 avenue de la République – B. 236 – 68000 COLMAR   Colmar, le 3 novembre 2015     à Monsieur Philippe RICHERT Président du Conseil régional d’Alsace à Monsieur Frédéric BIERRY Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin à Monsieur Eric STRAUMANN Président du Conseil Départemental du Haut-Rhin   Monsieur le Président,   Grâce à la langue régionale de nombreux Alsaciens et Mosellans accèdent à plusieurs dizaines de milliers d’emplois nécessitant la maîtrise de l’allemand (ou du dialecte) au niveau national et dans les pays germanophones. Grâce aux classes bilingues de plus en plus de jeunes Alsaciens s’inscrivent dans des cursus universitaires français/allemand bi- ou tri-nationaux.   Le 1er juin 2015 vous avez signé deux conventions avec l’Etat (Education Nationale) en continuité des quatre conventions successives depuis 1989, dans le cadre des dispositions législatives et réglementaires relatives aux langues régionales.   Les langues régionales d’Alsace et de Moselle comprennent en vertu de dispositions réglementaires, « l’allemand » (Hochdeutsch ou Hochsprache), forme standard et littéraire, langue d’enseignement, et les variantes dialectales (Elsasserditsch, Platt), formes orales.   La convention cadre sur la « politique des langues vivantes » dans l’académie de Strasbourg et la région Alsace vise la période 2015/2030. La convention opérationnelle (2015/2018) est sensée mettre en œuvre les objectifs fixés par la convention cadre. Ces conventions ne garantissent pas les ambitions, bien modestes, affichées à l’horizon 2030 : – 50% des élèves de maternelle en voie bilingue à parité horaire; – 25% de ces élèves en cursus bilingue en sixième.   En effet, la convention opérationnelle ne dure plus 6 ans, mais trois. La participation financière programmée jusqu’en 2018, pourra être supprimée par l’ACAL,... Weiterlesen...

L’alsacien c’est de l’allemand ? (une tentative de mise au point) 2/6

  Voici les différentes versions de la présentation des aventures d’Astérix : « Nous sommes en 50 avant Jésus Christ… » De Asterix àn de olympische Spieler (Alsacien de Strasbourg, bas alémanique) Traduction : Robert Mazerand Dargaud éditeur 1996   Mer sin im Johr 50 vor Christus. Gànz Gàllie isch vun de Reemer bsetzt worre. Gànz Gàllie ? Nä ! E Dorf voll bockbeiniche Gàllier, wo nit nooch welle genn, tuet denne Bsetzer immer noch Widerstand leischte. Un se mache’s de Legionär, wo in de Feschtungslaawer Surrerum, Bumbum, Stehtkrum un Drumerum leje, nit licht…   Asterix un d’Emanz’ (Badois de Freistett, bas alémanique) Traduction : Martin Schütt Ehapa Verlag 1998   Mir sinn im Johr 50 v.Chr. Ganz Gallie isch vun de Remer bsetzt worre. Ganz Gallie??? Ewwe nit! Ä winzichs Dörfel, wo ludder handfeschdi Gallier wohne, losst sich nit inschüchdere, un s’ Lääwe isch fir d’remische Legionär au nit grad ä Zuggerschlägge in de befeschdiggte Lager vun Babaorum, Aquarium, Laudanum und Kleinbonum.   Em Cäsar saa Kränzie (Francique mosellan) Traduction : Dieter Zimmer Ehapa Verlag 1999   Mer giehn e poar Joar zreck. Ganz Galljen geheert, suh maahnen sei, de Römern. Ganz Galljen? Naahn. En aahnem aahnzijen Kaff get et schalkisch Galljer, die wuh ka Schlaach noahgewen. On sei hann et net leicht, die römisch Soldoaten, wie se seich verkroch hann, en hieren Kasären en Quintum, Irancum, Palatiolum un Bibiorum…   Em Asterix soi Bobbelsche (Francique rhénan du Palatinat) Traduction : Walter Sauers, Jochen Kneifeld Ehapa Verlag 1998   Mir schreiwen s Johr 50 vor Chrischdus. Ganz Gallie is vun de Rämer bsetzt. Ganz Gallie? Vun wege! Ää Derfel mit wackre Gallier dut als... Weiterlesen...
Das Elsass retten (3/12)

Das Elsass retten (3/12)

Ich lese die Notizen durch, die ich mir während unserer zweiten Reise gemacht habe: Lose Blätter, Zettel, Bögen. Sogar Papiertüten und das Innere einer Nudelpackung mussten gelegentlich herhalten, um die Erlebnisse des Tages niederzuschreiben. Manches ging unterwegs verloren, als wir Hals über Kopf flüchten mussten. Nun sitze ich vor dem Computer, habe eine neue Datei angelegt, ihr den Namen »Chef« gegeben und weiß nicht, wie es weiter gehen soll. »Mach’s kurz!«, hat er zu mir gesagt: »D’Mensche nämme sich ke Zitt meh zuem läse, konzentrier dich uff ‘s Wichtigschte! Wenn de ferti bisch, wurd die Gschicht unser Manifescht sinn, d’r Manifescht vum elsässische Autonomismus!« Natürlich war ich zu feige um ihm zu sagen, dass ich der Aufgabe nicht gewachsen bin. Seit Tagen sitze ich hier nur herum, halte Maulaffen feil, schmökere in alten Büchern, als würde ich dort eine Antwort finden, und mache einen Bogen um den Rechner wenn ich von der Bibliothek bis zu Couch gehe. Ich hasse mich. Und doch muss ich mich ranmachen. Komme, was wolle. Alles andere wäre Verrat.   Er war der einzige Passagier, der nicht vorm Fließband warten musste. Außer dem kleinen Rucksack, von dem er sich keine Sekunde trennte, hatte er kein Gepäck dabei. Mit seinem breiten Lächeln kam er stracks auf mich zu. Wir umarmten uns kurz. Ich fragte, ob die Reise gut verlaufen war, doch er eilte schon zum Ausgang: »Komm«, sagte er, »ich erklär dir alles iwerem Fahre«. Wir stiegen ins erste freie Taxi. Doch kaum fuhr es los, standen wir in einem Wald. Verdutzt sahen wir uns an: Wo waren die Autos, der Flughafen, die Leute, unser Taxi?... Weiterlesen...

Breizh – Elsass – Unabhängigkeit!

  Ce samedi 17 octobre 2015, nous nous sommes rendus, mon camarade Mario Zimmer et moi-même, en Bretagne, à Gwengamp plus précisément. La fondation Yann Fouéré nous avait invités à participer à une conférence intitulée : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales.   Je tiens ici à remercier nos amis bretons pour leur invitation et surtout pour l’engagement et l’énergie dont ils font preuve. Leur totale compréhension pour la situation de l’Alsace nous a profondément touchés. En gros, la Bretagne est annexée depuis cinq siècles, et pourtant, aujourd’hui encore, des Bretons se lèvent pour tenir tête à Paris. Un constat qui donne du courage lorsqu’on s’apprête à faire face à un rouleau compresseur tel que l’ALCA.   Plutôt qu’un résumé de cette rencontre, où il a beaucoup été question de l’Ecosse, de la Catalogne et bien sûr de la Bretagne, je vous propose une série de liens qui vous présenteront les différents intervenants. Ci-dessus, vous pouvez visionner mon intervention, nos hôtes m’avaient demandé de parler de la violation de la Charte Européenne de l’Autonomie locale par la France et de la situation de l’Alsace. Merci à l’Agence Bretagne Presse pour la captation et la mise en ligne !   Pour commencer voici un nouveau site passionnant dont l’idée serait directement transposable en Alsace. Il s’agit de mettre en ligne et gratuitement à disposition des internautes, tous les documents historiques concernant la Bretagne. L’Institut de Documentation Bretonne et Européenne a créé sa bibliothèque numérique. Allez-y voir, c’est un excellent projet ! (cliquer ici)   Je vous laisse découvrir les différents intervenants (il suffit de cliquer sur le... Weiterlesen...
L’alsacien sur France Bleu ? A la poubelle !

L’alsacien sur France Bleu ? A la poubelle !

par Joseph Schmittbiel illustrations de Raymond Piela tirées de l’album « Heimweh »   Fidèles à une longue tradition bien française, les directions alsacienne et parisienne de France Bleu préparent un nouveau coup tordu contre notre langue régionale. Mais ces ennemies résolues de la diversité se gardent bien d’annoncer la couleur avant les élections régionales. Ces chers Alsaciens … on attend peinards qu’ils aient sagement accordé leurs suffrages aux partis nationaux – comme d’habitude – pour ensuite seulement leur annoncer officiellement qu’ils pourront une fois de plus se carrer leur langue de bouseux dans le fondement. Analyse d’une opération où le cynisme et la rouerie sont au service d’un racisme linguistique qui peut désormais parachever en toute quiétude le génocide culturel.   1992 : le directeur de la radio régionale (qui s’appelle encore Radio France Alsace), décide de virer toutes les émissions en alsacien de l’antenne FM pour les basculer sur les ondes moyennes. L’homme qui opère cette épuration est un Corse, Dominique Antoni. J’imagine la réaction de nos frères corses si un Alsacien avait eu l’arrogance de faire un tel ménage sur l’île de beauté… A l’époque, Adrien Zeller s’érige contre cette façon de faire, mais il est vite calmé par les arguments de Paris : Vous aurez plus d’heures de diffusion en ondes moyennes ! Mais à quoi sert l’augmentation de la diffusion sur un émetteur désuet, à des horaires sans audience et dont Paris ne veut pas ? Et pour ce qui est de capter la chaîne, on te souhaite bonne chance camarade dialectophone. A Strasbourg par exemple, c’est quasiment impossible !   Et bien entendu, aucun des directeurs qui se succèdent depuis... Weiterlesen...
Conférence : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales

Conférence : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales

Ce 17 octobre 2015, je suis invité par des amis bretons à participer à une conférence à Gwengamp (Guingamp), en présence, entre autres, de Christian Troadec et de la famille de Yann Fouéré. En attendant de vous en dire plus, je vous invite à lire quelques lignes de cet auteur toujours d’actualité :   Le remplacement de langues et cultures nationales (comprendre « régionales » ndlr) par une langue et une culture plus répandue peut résoudre certains problèmes politiques, mais cela ne peut être fait sans graves préjudices humains. Le droit naturel, l’humanité, la nature s’opposent à la formation de communautés artificielles et imposées qui ne peuvent qu’entraîner le déracinement de l’homme et sa mutilation spirituelle. Les peuples et les hommes distincts qui les composent doivent être conduits et guidés vers leur plus grand épanouissement par une protection et par une stimulation de leur vie culturelle et nationale. Ainsi seulement l’intégration d’un peuple dans une collectivité plus large peut-elle se faire sans diminution et sans une perte irréparable de valeurs humaines pour l’humanité. Le génocide spirituel et culturel est un attentat à la vie de l’homme autant que l’extermination matérielle. Le contact, au contraire, entre communautés culturelles diverses et culturellement respectées est une source profonde d’enrichissement. Si dès lors l’unification européenne doit se faire, et nous savons qu’elle est urgente et nécessaire, l’ordre politique qui la concrétisera et la réalisera devra garantir l’existence et l’épanouissement de ces communautés dont la diversité fait la richesse de notre civilisation. L’unification sociale croissante des sociétés humaines doit être balancée par une différenciation croissante des cultures et des sociétés politiques, par la préservation de toutes... Weiterlesen...
Straßburg ou Strossburri ?

Straßburg ou Strossburri ?

Roland Ries a eu l’intelligence de changer d’avis au sujet de la signalétique de la ville de Strasbourg (voir ci-dessous l’article des DNA du 13 octobre). En attendant la décision finale de la ville, je reproduis ici de larges extraits du courrier que lui avait adressé le Comité fédéral pour la langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle germanophone. Sa présidente, Monique Matter, exprimait le point de vue du comité sur le sujet. Un point de vue que je ne peux que partager pour des raisons que j’exposerai dans mes vidéos à venir. Je ne sais pas si ce sont les DNA qui se sont plantées dans la retranscription ou si c’est Jean-Philippe Maurer qui a fait l’erreur, mais je ne connais pas d’Eugène Weckmann écrivain régional. Il voulait à coup sûr parler d’André Weckmann qui lui, avait trois langues de travail. Je pense l’avoir suffisamment connu et lu pour pouvoir dire qu’il ne se serait certainement pas contenté de la seule signalétique dialectale. Relisez, ou lisez, monsieur Maurer, « Die Kultur des Zusammenlebens », « Ofschlagé, eine elsässische Allegorie », « Z wie Zwirbel » et les innombrables documents pédagogiques qu’a produit ce grand défenseur des multiples facettes de notre culture. Ce débat révèle une fois de plus la grande habileté de la « diplomatie » française, qui, par son école, a su priver le peuple alsacien de son histoire et de ses références linguistiques. Joseph Schmittbiel Extraits du courrier du Comité fédéral : Nous souhaitons aussi vous faire part d’un autre regard sur l’affichage bilingue des rues et des entrées d’agglomération à Strasbourg. Autant il est vital pour une langue régionale de... Weiterlesen...
Das Elsass retten (2/12)

Das Elsass retten (2/12)

Ich, der ich euch diese Geschichte erzähle, sitze in einer Lounge des Flughafens Basel-Mülhausen und warte auf den Chef. Sein Flug hat Verspätung. Vor mir steht schon der zweite Cappuccino. Sonst trinke ich nie Kaffee. Um mich herum nur leere Gesichter, eilende Passagiere, gelangweilte Sicherheitsleute. Also nutze ich die Zeit, um euch zu schildern, wie ich ihn kennenlernte. Es war in der Sahara im Süden Algeriens unweit des Fleckchens In-Eker. Ich war auf die wahnwitzige Idee gekommen, hier allein eine Wanderung zu unternehmen und hatte mich verlaufen. Ich hatte kein Wasser mehr und lag im Sterben. Plötzlich hörte ich das Bimmeln kleiner Glöckchen und es erschienen aus allen Himmelsrichtungen Menschen mit Bauchläden, die Sandsäckchen verkauften. Ich muss zu meiner Schande gestehen, dass ich im Begriff war, einen Zehnerpack zu ramschen, ein Schnäppchen, bei dem ich zehn Cent pro Säckchen gespart hätte. Doch eine Hand hielt meinen Arm zurück, der den Geldschein schon hinstreckte. Es war der Chef. Er gab mir zu trinken, half mir wieder auf die Beine und erklärte mir, dass wir nicht bleiben durften. In dieser Gegend hatte die französische Armee zwischen 1961 und 1966 dreizehn Atombomben explodieren lassen. Die Kolonialherren hatten sich nie darum bemüht, den Schaden wirklich zu beheben. Hier lauerte der Tod. Wir mussten verschwinden. Gemeinsam machten wir uns auf den langen Weg zurück nach Europa. Ich habe von dieser Reise nur eines in Erinnerung: Unsere Gespräche. Wir gingen von morgens bis abends und redeten. Wir ritten keine Kamele, fuhren nicht mit Bussen, ich glaube auch nicht, dass wir geflogen sind. Sind wir zwischen Karthago und Marsala, zwischen Messina und San Giovanni auf dem... Weiterlesen...
L’émigration des Alsaciens suite à la guerre de 1870/71

L’émigration des Alsaciens suite à la guerre de 1870/71

Le mythe du plébiscite par les pieds par Bernard Wittmann Illustration ci-dessus : Affiche de propagande scolaire censée montrer « l’exode » des populations alsaciennes vers la France. Dans le traité de paix de Frankfurt / Francfort (10 mai 1871), la clause de l’option témoignait d’un esprit très libéral pour l’époque puisque tous les habitants, Alsaciens ou Français de l’Intérieur, pouvaient rester en Alsace et bénéficier de la citoyenneté allemande, accordée d’office en cas de non option. Il n’y eut donc aucune expulsion. Il n’en sera hélas pas de même en 1918 où les sinistres « Commissions de triage », expulsèrent de force entre 128 000 et 150 000 Alsaciens-Lorrains germanophiles (les « bochophiles ») et Vieux-Allemands en se fondant sur des critères ethniques (cartes A-B-C-D)[1]. Ajoutons encore que si, en 1872, les optants pouvaient emporter toute leur fortune, ceux que la France allait expulser en 1918 n’eurent droit qu’à « 30 kg de bagages à main et au maximum 2 000 Marks en billets de banque » et perdirent toutes leurs autres économies !   Dès que la convention additive franco-allemande sur l’option du 11 décembre 1871 est rendue publique, les « protestataires » et d’autres ultra-patriotes, sous la conduite de Léon Gambetta, cherchent à transformer le droit d’option en plébiscite pour la France. Ils s’organisent autour de la « Ligue d’Alsace », créée en mars 1871 par Gambetta et qui regroupe une vingtaine de « grands bourgeois » mulhousiens, financiers généreux. Dans son tract « 18 bis », écrit en français[2], elle lance l’appel suivant : « Optez, Alsaciens et Lorrains, votre cœur vous le dit et l’honneur vous le commande. (…) C’est le plébiscite final, et la honte qui doit en jaillir sur nos oppresseurs... Weiterlesen...
Catalunya el meu amor!

Catalunya el meu amor!

Cette semaine, j’ai le grand plaisir d’accueillir un nouveau contributeur sur hewwemi.net : MariusZ. Autre personnalité, autre style, j’espère que vous l’apprécierez autant que moi ! Joseph Schmittbiel Apres les élections catalanes du 27 septembre 2015, nous nous retrouvons donc, nous, l’internationale de l’indépendance et de la liberté, avec des frères de lutte qui ont obtenu 72 sièges sur 135 au parlement de Catalunya , soit la majorité absolue ! Et quoiqu’en dise Madrid, les Catalans ont administré une bonne branlée aux jacobins espagnols ! Et, d’un coup de cuillère à pot, voilà que les menaces madrilènes tombent déjà, avec les mêmes intimidations que lors du référendum écossais de 2014 : si la Catalogne devait prendre son destin en main, elle sortirait de l’Europe, n’aurait plus de monnaie pour donner confiance aux investisseurs, plus d’espace Schengen pour faciliter la circulation des marchandises. Et, cerise sur le gâteau, les retraites s’effondreraient et le chômage exploserait… SANS DECONNER ? Les mêmes épouvantails, ces marionnettes de chiffons censées faire peur aux oiseaux qui ne veulent plus être en cage, sont de sortie. On aurait donc près de 7,5 millions de Catalans – avec un PIB nominal supérieur à leurs voisins portugais – qui seraient des abrutis kamikazes incapables de se prendre en main face à une Espagne et une Europe florissantes où tout va bien dans le meilleur des mondes ? Que les Etats-nations ne respectent plus les votes du peuple et les règles de la démocratie, nous en avons malheureusement l’habitude. Mais quelle est donc la position de l’Europe au sujet de l’émancipation de l’être humain et de sa liberté de choisir son avenir et... Weiterlesen...
Das Elsass retten (1/12)

Das Elsass retten (1/12)

  Eines Tages, als der Chef sich auf seiner Terrasse entspannte, sprach ihn sein Hund Wolfi unwirsch an: »Was sitzt du hier und streckst die Beine aus? In deiner Heimat verkümmert die Kultur! Deine Sprache liegt im Sterben!« Verdutzt sah er den Köter an. »Wolfi … du kannst sprechen?« »Versuch nicht, abzulenken, tu was!« »Aber was soll ich tun?« »Das musst du selbst herausfinden, so kann es mit dir nicht weitergehen! Steh endlich auf!« Allmählich kam der Chef aus dem Staunen heraus: »Sag mal … Was soll dieser Ton? Du bist immerhin nur ein Hund! Ich hab’ dich aus der Gosse gezogen, ohne mich wärst du im Kochtopf gelandet!« Sagte es, zog seine linke Sandale aus und hielt sie schlagbereit über den Kopf. Doch Wolfi machte keine Anstalten, zu flüchten. Er sah das Herrchen mit durchbohrendem Blick an und sagte nach einer Pause: »Es wäre das erste Mal, dass du Gewalt gegen mich anwendest. Habe ich einen wunden Punkt berührt?« »Kusch!«, kläffte der Chef. »Na, wer sagt’s denn?«, antwortete Wolfi, ohne mit der Wimper zu zucken. Der Chef stand auf, lehnte sich ans Geländer und schaute in die Ferne. Vor seinen Füßen lag die offene Bucht von Papeete, auf hundertachtzig Grad erstreckte sich der pazifische Ozean. Am Horizont ging die Sonne unter. »Womit sollte ich denn anfangen?«, fragte er nach einer Weile. »Hör schon mal auf, dich selbst zu belügen.« »Was meinst du damit?« »Ich beobachte dich seit längerer Zeit. Du gehst nicht mehr aufrecht, dein Teint ist blass, deine Augen vergilben … du siehst nicht gut aus!« Der Chef eilte ins Badezimmer, beugte sich über das Waschbecken und... Weiterlesen...
L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (5/5)

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (5/5)

par Bernard Wittmann Conclusion  Illustration ci-dessus : 1576 : Die Hirsebreifahrt : Arrivée des Zurichois à Strasbourg avec le chaudron de soupe de millet encore chaud. Le but de l’opération était de rassurer les Strasbourgeois en leur montrant avec quelle rapidité les Zurichois pouvaient intervenir pour venir à leur secours en cas de menace (en 1456 avait eu lieu une première démonstration de ce type).   L’historiographie française a toujours cherché à imposer l’idée d’une Alsace sans peuple original doté d’une conscience régionale. En octobre 2014, Manuel Valls, le Premier ministre lui-même, reprit ce négationnisme à son compte en déclarant devant l’assemblée qu’ « il n’y a pas de peuple alsacien »[1]. De son côté, l’historien jacobin Georges Bischoff renchérira en déclarant dans L’Alsace[2] : « Le peuple alsacien, je ne sais pas ce que ça veut dire ». Cependant, ces déclarations de nature idéologiques niant le réel ne sauraient effacer le ressenti partagé des Alsaciens de former un peuple.   De même les historiens républicains cherchèrent-ils toujours à imposer l’idée que le morcellement politique du pays, sans cesse décliné jusqu’à la caricature, aurait empêché l’Alsace d’exister en tant que telle. Evidemment ces affirmations permettaient de conclure que l’Alsace ne devait son unité qu’à l’action bénéfique de la France : « (la période napoléonienne) a été une période charnière pour l’Alsace qui, de mosaïque hétéroclite, devient un ensemble cohérent désormais tourné vers la France », écrit l’historien Roland Oberlé dans son « Napoléon et l’Alsace ».   C’est la même théorie qu’avança Paris pour donner un peu de lustre à la colonisation de l’Afrique noire : « La France a uni des populations et des régions éparses favorisant ainsi un meilleur développement » (sous son... Weiterlesen...