Sauver l’Alsace : un conte de fées !

Sauver l’Alsace : un conte de fées !

par Joseph Schmittbiel

Au cours des semaines à venir, je vais publier sur ce blog les douze chapitres d’une nouvelle que j’ai écrite en langue allemande : Das Elsass retten / Sauver l’Alsace.

 

Sachant par avance la frustration que peut légitimement provoquer une publication allemande chez certains internautes qui ne maîtrisent pas ou pas suffisamment cette langue, il me semble opportun d’expliquer mon choix.

 

L’Alsace est le berceau de la littérature allemande. Aujourd’hui, un étudiant allemand poursuivant un cursus littéraire tombe tôt ou tard sur l’un ou l’autre de nos auteurs dont certains sont de véritables classiques.

 

Les enfants d’Alsace sont sciemment maintenus dans l’ignorance de ce fait, qui, s’il était largement connu, ouvrirait les yeux de tous sur ce crime imprescriptible de destruction de la culture allemande en Alsace, dont le coupable n’est autre que le régime parisien.

 

Avec la mort d’André Weckmann, le 29 juillet 2012, c’est l’un des derniers, sinon le dernier auteur alsacien de langue allemande, bénéficiant d’une large renommée dans le monde littéraire germanique, qui a disparu.

 

Ce qui reste aujourd’hui pour maintenir cette flamme née au IXe siècle avec le moine Ottfried von Weißenburg, n’est même plus une bougie, à peine un lumignon, une braise qui s’éteint inexorablement.

 

Or il se trouve que j’aime passionnément la langue et la culture allemandes et que je ne supporte pas l’injustice qui leur est faite dans notre pays entre Vosges et Rhin. Et c’est donc par amour que je me suis mis à écrire l’allemand, après avoir écrit en dialecte des pièces et des chroniques aux fortunes diverses.

 

Evidemment, le travail et la bonne volonté ne remplacent pas le talent, aux lecteurs de juger si mes écrits en valent la peine. Par ailleurs, je sais bien que ma démarche se situe quelque part entre celles de l’équilibriste sans filet et du kamikaze, puisque l’immense majorité des Alsaciens ne sera pas en mesure de me lire et que, traitant d’une problématique purement alsacienne, ma prose laissera la quasi totalité des lecteurs allemands indifférents.

 

Tant pis, j’le fais quand même …

 

Mais pourquoi ne pas simplement traduire la chose en français ? me demanderont certains.

Je leur répondrai que la traduction sert à diffuser la littérature, mais elle ne la remplace jamais.

J’investis mon temps et mon énergie dans ce que j’écris, or ce temps m’est compté, je suis bien obligé de me nourrir, et puis j’ai d’autres projets allemands …

 

Les lecteurs non germanophones en seront donc réduits à attendre qu’un téméraire juge utile de financer la traduction française de ce texte.

 

Un jour peut-être, le vent de la culture allemande traversera à nouveau la plaine d’Alsace. Je ne crois pas que je vivrai ce moment. Mais pour rien au monde je ne renoncerai à souffler du mieux que je peux sur l’ultime braise.