Pflatsch! (macht’s wenn ebs ins Wasser kejt)

En 1998 je participe au prix régional d’aide à l’écriture de pièces de théâtre en alsacien, organisé par l’Agence Culturelle d’Alsace, et ma pièce décroche le pompon.

Francis Freyburger et son Théâtre de la Cruelle la créent le 29 avril 1999 à Rappschwir.

Je vous laisse découvrir ce texte que vous pouvez consulter ou même télécharger gratuitement ici. N’oubliez pas de laisser un commentaire ! Vous pouvez également me contacter directement sur le blog via le formulaire prévu à cet effet. Bonne lecture !

PS : A l’attention des francophones qui potassent assidûment leurs manuels d’allemand et d’alsacien mais n’ont pas encore le niveau pour lire une pièce entière, je livre le résumé en français que je joignais à l’époque au dossier du concours.

 

PFLATSCH !

(macht’s wenn ebs ins Wasser kejt)

(le bruit d’un truc qui tombe dans la flotte)

Résumé

 

Deux personnages. Un homme, une femme, elle et lui. On ne sait pas qui ils sont. Ils sont sans âge, ils sont n’importe qui.

Un constat : « ça ne peut plus durer ».

Ils sont pourtant très bien ensemble, ils s’entendent bien, ils ne cessent de le répéter. De leur vie, nous n’apprendrons pas grand chose, sinon qu’ils sont à l’intérieur et les autres à l’extérieur. Les autres. Le public ? L’humanité ? Vase clos. Aquarium où baigne leur langage ou ce qu’il en reste : phrases toutes faites, lieux communs, formules cent fois rebattues ; une langue qui s’appauvrit de réplique en réplique. Il faut « faire quelque chose ». Alors, ils s’emparent d’un instrument qui leur tombe du ciel, le plus commun de notre monde, fenêtre ouverte sur les autres justement : le téléviseur. Ils s’activent comme des fous, il va, elle vient, coulisses/scène, car il faut beaucoup de téléviseurs, autant qu’il y a de chaînes, pour ne rien rater n’est-ce pas…

Résultat : un mur de télés.

Même constat qu’auparavant, trouver autre chose. On passe aux livres, à la lecture. Cavalcade. Des livres, des journaux, par piles, par colonnes, quotidiens, hebdomadaires, mensuels s’entassent. Il y en a tant qu’on ne peut pas les lire. Montagne d’imprimés, mur de télés. La suite.

Nouveauté. Solution à tous les problèmes. Contact direct avec tous les autres…INTERNET ! Ordinateur, connexion, le monde s’ouvre à eux, ils sont libres de surfer… sur la vacuité de leur existence.

Or voilà que le sol est humide, ils pataugent, soliloquent, s’expriment par bribes de phrases, leur langue s’effondre, devient alignement de mots : eau ! monte ! Bientôt, leur communication n’est plus que pantomime.

C’est alors qu’apparaît un homme sur l’un des écrans, un scientifique semble-t-il, dont ils ne comprennent pas le langage, qui expose le problème de l’effet de serre et de ses conséquences : le niveau de la mer s’élève.

Panique sur scène, le dernier mot prononcé est une onomatopée : « gloub ».

Elle et lui se noient, bruitage aquatique.

Noir sur scène.

Interruption d’image à l’écran, agrémentée par un plan fixe sur un aquarium où nagent deux petits poissons.

 

Rideau !