Lettre à tous les maires d’Alsace !!!

Lettre à tous les maires d’Alsace !!!

Madame, Monsieur le Maire,
Trois anciens conseillers généraux, Andrée MUNCHENBACH, Jean-Daniel ZETER et moi-même, nous permettons de vous adresser, ci-après, le texte du courrier que nous venons d’adresser à la presse écrite alsacienne. A la veille du 14 juillet, où vos discours célébreront les valeurs fondamentales de Liberté, Egalité et Fraternité, nous avons souhaité publier les réflexions que nous inspirent la commémoration de la révolution de 1789 et la référence à la devise républicaine, eu égard à la situation actuelle de la France, à l’état de notre démocratie et au sort réservé à notre région historique.
En vous souhaitant bonne lecture, nous vous adressons nos salutations cordiales et respectueuses. Bien à chacune et chacun d’entre vous.
Dr Gérard SIMLER

 

FÊTE DU 14 JUILLET EN ALSACE
1789 : Fin de la monarchie de droit divin
2016 : Non à la monarchie républicaine !

Que représentent encore les mots Liberté, Égalité et Fraternité,
dans une France qui assassine ses régions historiques ?

La France est-elle encore un État de Droit, quand elle viole la Charte Européenne de l’autonomie locale, qu’elle a pourtant signée et ratifiée, ce qui vient d’ailleurs de lui valoir une condamnation du Conseil de l’Europe par 143 voix pour, 2 contre et 7 abstentions ? La France décrète la disparition de l’Alsace, contre l’avis quasi unanime du peuple alsacien et en violation des directives du Conseil de l’Europe, qui exigent une consultation des populations concernées, ici en l’occurrence du peuple alsacien.

Où est la démocratie exemplaire en France, depuis qu’elle est exclue de la catégorie « démocratie pleine » selon l’indice de démocratie des 165 membres des Nations Unies avec sa 26ème position, loin derrière nos voisins les plus proches : la Suisse (6ème), le Luxembourg (11ème) ou l’Allemagne (13ème) ?

Où est la démocratie en Alsace, quand 85 % des Alsaciens refusent d’être incorporés de force dans la mégastructure désincarnée du Grand-Est, mais que sa classe politique actuelle met en oeuvre un suicide collectif, endossant ainsi la responsabilité de fossoyeur et de liquidateur de notre Alsace ?

Où est la liberté de la presse de nos quotidiens régionaux du Grand Est (DNA, l’Alsace, l’Est Républicain, le Républicain Lorrain, Vosges-Matin, Le Journal de la Haute-Marne) du groupe EBRA, quand leurs rédactions ne sélectionnent plus que des articles de journalistes, tous à la gloire du Grand-Est, alors que plus des 3/4 de sa population y sont opposés et revendiquent respectivement leur identité alsacienne, lorraine ou champagne-ardennaise ? Serions-nous proches des pratiques tant décriées des anciens pays de l’Est ?

Où sont la transparence et la liberté en France, quand une bonne partie de nos gouvernants appartient, de manière occulte, à une société secrète : la franc-maçonnerie du Grand Orient de France ? Ne sommes-nous pas régis par une secte avec ses pratiques rituelles, ses frères, sa hiérarchie, ses symboles, son intolérance, qui met en pratique son dogme de « La France, pays de la diversité vaincue » et son idéologie « Frankreich über alles » en oeuvrant au démantèlement de nos identités régionales historiques, ou encore à la disparition du Concordat en Alsace-Moselle?

La symbolique du 14 juillet est un appel à la révolution et à la fin des privilèges, ce qui vaut également pour cette Vème République, devenue une monarchie républicaine absolutiste et centralisatrice. Une petite minorité d’oligarques et de technocrates coupés des réalités socioculturelles et du terrain, une caste d’énarques et de hauts fonctionnaires pervertissent la démocratie et mènent la France à la catastrophe.

L’heure est venue d’une révolution institutionnelle ! Exigeons une vraie décentralisation et une démocratie directe et participative – comme en Suisse où le peuple, avec ses votations, décide sur les enjeux de société

Vive l’Alsace, avec un statut d’autonomie locale, basé sur le principe de subsidiarité, prôné par l’Union Européenne : A compétences partagées, c’est l’échelon local, au plus près des concitoyens, qui décide ! Un statut fondé sur des modèles démocratiques performants comme le Val d’Aoste ou le Tyrol du Sud, où 90% des recettes fiscales restent sur place, où la langue nationale italienne côtoie respectivement le français et l’allemand, langues régionales dotées d’un statut de coofficialité.

Demandons la sortie du Grand Est, demandons le Gexit !
Dans son article 72 la Constitution prévoit l’existence de collectivités territoriales à statut particulier. L’Alsace est, comme la Corse, en droit d’expérimenter un modèle de gestion qui lui serait propre.

Demandons un référendum dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin – voire de la Moselle… – sur la base de la question formulée par le Professeur de Droit émérite Robert Hertzog :
« Souhaitez-vous que soit créée une région Alsace par fusion des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, exerçant les compétences d’une région et celles des départements? »

En attendant d’évoluer vers des compétences renforcées et une plus grande autonomie fiscale, dans l’esprit de la Charte Européenne de l’autonomie locale…

Andrée MUNCHENBACH, conseillère générale du Bas-Rhin (mars 2004 à mars 2011)
Jean-Daniel ZETER, conseiller général du Bas-Rhin (mars 1988 à mars 2011), Vice-président honoraire
Gérard SIMLER, conseiller général du Bas-Rhin (mars 2001 à mars 2015)