L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (1/5)

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? (1/5)

L’Alsace un mythe et le peuple alsacien une fiction ? par Bernard Wittmann Depuis l’annonce de la disparition de l’Alsace en tant que région, le peuple alsacien est à nouveau traversé par un courant favorable à l’émancipation. Dégoûtés par le mépris que Paris témoigne à leur pays soumis à ses diktats, un nombre croissant d’Alsaciens rêvent de prendre leur avenir en main. Une prise de conscience commence à s’opérer.   Ce chemin vers l’émancipation sera sans aucun doute long et semé d’embûches. Il passera par des étapes de « reconquête » obligées. La plus importante sera évidemment la réappropriation par les Alsaciens de leur langue, mais aussi de leur histoire marquée par ses grands hommes qui nourrit l’identité collective. Ce n’est pas à Paris de nous dicter nos héros, ce choix revient au peuple alsacien seul[1] ! Ainsi, que vient faire à Strasbourg, la statue équestre à la gloire de Jeanne d’Arc alors qu’elle est totalement étrangère à l’histoire alsacienne (l’Alsace faisait alors partie du Saint Empire) ? Et toutes les rues Gambetta à Strasbourg, Colmar et Mulhouse alors que ce dernier n’a joué aucun rôle en Alsace ? Par contre, point de rues Xavier Haegy ou Camille Dahlet dans tout le pays alors qu’ils marquèrent toute l’histoire de l’entre-deux-guerres. Cependant, la récente réhabilitation du Dr Eugène Ricklin, interdit de mémoire depuis 1945 et que la municipalité de Dammerkirch vient d’honorer d’une place le 31 mai 2015, est une démarche courageuse qui va dans le sens de la reconquête de notre histoire.   Placée au cœur du processus de construction identitaire, l’histoire devra réintégrer le champ scientifique en se distanciant des fantasmes républicains et du...

Pause estivale sur hewwemi.net !

Salü bisamme ! On se retrouve en août avec une série d’articles de Bernard Wittmann et de nouveaux enregistrements ! En attendant, je vous propose de profiter de l’été pour voir ou revoir, faire découvrir et partager la série « Autonomistes ou nazis ? » ci-dessous vous trouverez les liens de tous les épisodes. Je vous souhaite à tous un bel été ! Joseph Schmittbiel   Autonomistes ou nazis ? Une histoire de l’Alsace en vidéos.   Sommaire :   1) Présentation générale (9 min. 50) http://hewwemi.net/autonomistes-ou-nazis/   2) Germanitude alsacienne (12 min. 26) Du temps des Celtes à la guerre de Trente ans http://hewwemi.net/germanitude-alsacienne/   3) De Louis XIV à Napoléon III (21 min. 38) http://hewwemi.net/louis-14-napoleon-3/   4) 1870, Reichsland, August Schneegans (25 min. 41) http://hewwemi.net/1870-reichsland-august-schneegans/   5) De la dictature militaire à l’épuration ethnique (16 min. 57) 1914-1924 http://hewwemi.net/dictature-militaire-epuration-ethnique/   6) Entre-deux-guerres : lutte et répression (24 min. 04) http://hewwemi.net/entre-deux-guerres-lutte-et-repression/   7) Karl Roos 1878-1940 (18 min. 31) http://hewwemi.net/karl-roos-1878-1940/   8) Les Nanziger (22 min. 03) 1940 http://hewwemi.net/les-nanziger/   9) Trois-Epis : l’horrible dilemme (16 min. 50) 1940 http://hewwemi.net/trois-epis-lhorrible-dilemme/   10) Rossé, Keppi et l’attentat (15 min. 43) http://hewwemi.net/rosse-keppi-attentat/   11) La grande lessive (19 min. 26) 1945 http://hewwemi.net/la-grande-lessive/   12) Un peuple d’esclaves ? (10min. 10) 1945 à nos jours....

La grande illusion / Quand la France perdait la paix

par Laurent Diekirch Laurent Diekirch est un nouveau contributeur sur hewwemi.net, il vous propose une saine lecture pour cet été !   La grande illusion Quand la France perdait la paix 1914-1920 Par Georges-Henri SOUTOU Ed. TALLANDIER – 2015 Notes de lecture     La commémoration du centenaire de la Première Guerre mondiale aurait pu être l’occasion de revenir sur les lectures « patriotiques » (en fait nationalistes) de l’événement. Il n’en a rien été. L’air du temps est à la « compassion », dans une société par ailleurs fort individualiste et narcissique, où l’on ne parle que de « compétitivité ». Beaucoup de publications, expositions etc. se sont donc intéressées au sort de « ceux d’en bas » en exploitant les « lettres de Poilus », pour évoquer la « vie quotidienne » au front et à l’arrière… C’est une façon d’éviter de s’interroger sur les responsabilités de ce massacre et d’en rester, tacitement, aux vieilles thèses promues par les vainqueurs en 1918 : responsabilité des Empires centraux, « guerre du droit » du côté des Alliés, émancipations des « nationalités opprimées » d’Europe Centrale…   Le livre de Georges-Henri Soutou ne s’inscrit pas dans ce courant dominant. Il a le mérite d’aborder trois questions essentielles :   Quelles furent les causes de la guerre ? Aurait-elle pu s’achever plus tôt (en 1917) ? Quels objectifs avaient les traités de paix conclus après la guerre ?   Les causes de la guerre   On découvre, documents à l’appui, que la France a bel et bien joué toute sa part dans la marche vers la guerre. Voici la conclusion de l’auteur : « Depuis 1912, un groupe relativement restreint d’hommes politiques, de diplomates et de militaires (…) avait renforcé les liens avec...

Cachez-moi ce passé ! Les peintures murales de la gare de Strasbourg 2/2

Deuxième et dernière vidéo sur les peintures dissimulées de la gare de Strasbourg. Vous pouvez regarder la première partie ici : http://hewwemi.net/cachez-moi-ce-passe-les-peintures-murales-de-la-gare-de-strasbourg/ Bibliographie : Aus meinem Leben Alexander von Hohenlohe Frankfurter Societäts-Druckerei GmbH 1925 Des extraits de ce livre ont été traduits, vous pouvez vous les procurer à l’adresse suivante : http://www.editions-lepolemarque.com/products/souvenirs-dalsace-lorraine-1870-1923/ Elsass Lothringen von Chr. G. Hottinger 1883 im Selbstverlag des Verfassers Architektur im Grenzraum Das öffentliche Bauwesen in Elsass Lothringen 1871-1918 Niels Wilcken 2000 Veröffentlichung des Instituts für Landeskunde im Saarland    ...

Cachez-moi ce passé ! Les peintures murales de la gare de Strasbourg 1/2

  Une vidéo sur les peintures dissimulées de la gare de Strasbourg. Vous pouvez regarder la deuxième partie ici : http://hewwemi.net/cachez-moi-ce-passe-les-peintures-murales-de-la-gare-de-strasbourg-2/ Bibliographie : Elsass Lothringen von Chr. G. Hottinger 1883 im Selbstverlag des Verfassers Architektur im Grenzraum Das öffentliche Bauwesen in Elsass Lothringen 1871-1918 Niels Wilcken 2000 Veröffentlichung des Instituts für Landeskunde im...
« A l’Alsace seule appartient notre cœur » (chant des autonomistes -1927)

« A l’Alsace seule appartient notre cœur » (chant des autonomistes -1927)

Par Bernard Wittmann La France n’a jamais rien compris à l’Alsace, ni à la revendication particulariste alsacienne et encore moins à l’autonomisme alsacien, c’est un fait, l’histoire en porte témoignage ! C’est que l’idéologie moniste héritée des révolutionnaires jacobins, véritable pathologie politique française, avec sa conception abstraite de la nation vue comme un bloc monolithique, empêche le pays de penser de manière plurielle  et donc de prendre en compte les réalités régionales : « Il faut ériger la nation en une puissance compacte et indécomposable », clamait l’abbé Sieyès[1] dès 1789. Cette conception de l’Etat impliquait la destruction des peuples allogènes et des identités régionales au profit d’une construction nationale centralisée qui, par la suite, sera instrumentalisée au bénéfice de l’ethnie dominante. La France sera « une et indivisible » ou ne sera pas… et foin de l’hétérogénéité de la population et des territoires ! On s’appliqua ainsi à phagocyter les régions et à détruire impitoyablement les cultures singulières du pays pour construire l’Etat-nation auquel on vouera un véritable culte : « La France s’est construite sur la destruction de cinq cultures : les cultures bretonne, occitane, alsacienne, corse, flamande … La France est une création militaire, faite de nations non homogènes », a reconnu l’ancien premier ministre de Mitterrand, Michel Rocard[2]. Quant aux peuples historiques, ils seront simplement niés dans leurs droits, leur histoire et leur existence : « Il n’y a pas de peuple alsacien, il n’y a qu’un seul peuple français », dira Manuel Valls, digne héritier de Robespierre, le 14 octobre 2014 à la tribune de l’Assemblée. Affligeante ignorance de l’histoire alsacienne ! En effet, le duché d’Alsace (630-740)[3], Etat quasi souverain et socle sur lequel s’est...
Rot un Wiss : Le chemin parcouru

Rot un Wiss : Le chemin parcouru

Pour liquider un peuple, on commence par lui enlever la mémoire. On détruit ses livres, sa culture, son histoire. Puis quelqu’un d’autre lui écrit d’autres livres, lui donne une autre culture, lui invente une autre histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est, et ce qu’il était. Et le monde autour de lui l’oublie encore plus vite. Milan Hubl   Ce qui vaut pour les peuples est également valable pour les mouvements politiques. Si l’on veut saisir la dimension des évènements qui se sont déroulés en Alsace depuis le mois d’octobre 2014, il faut se plonger dans l’histoire récente de l’autonomisme alsacien. Pour ce faire vous ne trouverez pas de meilleure chronique que le mensuel autonomiste alsacien Rot un Wiss fondé en 1975 par Bernard Wittmann.   Vous qui avez vécu les manifestations de cet automne, jetez un œil sur le numéro 285 de juillet août 2002 (voir l’illustration de cet article) qui relate la manifestation du 1er juin de cette même année. En page 3, Jean-Georges Trouillet nous annonce : Samedi 1er juin sur le coup de 15h, place Kléber, une vingtaine d’autonomistes avec autant de drapeaux que de personnes se groupent place Kléber. C’était il y a un peu plus de dix ans. De leur propre aveu, ils étaient une vingtaine, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il fallait être motivé…   Déjà l’année précédente, lors du 90eme anniversaire de la constitution de 1911, les DNA du 27 mai annonçaient une vingtaine de personnes, membres de l’UPA (Union du peuple alsacien, l’ancêtre d’Unser Land) manifestant « pour réclamer plus d’autonomie pour l’Alsace-Lorraine » (sic !).   Un petit tour...
Albert Vazeille (1859-1934) : Terre d’Alsace, je te salue, toi et tes fils !

Albert Vazeille (1859-1934) : Terre d’Alsace, je te salue, toi et tes fils !

  Le combat autonomiste alsacien est un combat pour la liberté, il n’a pas pour objectif de causer du tort à la France, ni à aucun autre pays d’ailleurs, et il est encore moins hostile aux Français. Certains citoyens de France l’ont parfaitement compris, en voici un témoignage émouvant :     Je suis du pays de France, du cœur de la France, car mes ancêtres sont descendus du pays où naquit autrefois le grand chef gaulois, Vercingétorix. Près des sources de la Loire – fleuve français, s’il en est – plusieurs villages portant le nom de Vazeilles, ont donné leur nom à mes aïeux lointains.   Le chef arverne eut un mot, qu’on peut lire sur le monument élevé à sa gloire, à Clermont-Ferrand : « J’ai pris les armes, dit-il, pour la liberté de tous. » Fidèle à ce mot d’ordre antique, je viens à vos côtés, Alsaciens, pour défendre la liberté de tous, pour défendre votre liberté !   Ne vous troublez pas sous la mitraille des injures. Hier, un soudard allemand vous traite de « voyous » ; aujourd’hui un journaliste français vous traite de «moisissure ». Ne bronchez pas, Alsaciens !   Récemment un savant affirma que la vie est née d’une moisissure : je ne sais, mais si cela est vrai, de la prétendue moisissure alsacienne naîtra quelque chose de grand, la vie de l’Europe, de la grande Europe.   Alsaciens, restez inébranlablement attachés à l’amour de votre Heimat, de votre Alsace !   Laissez les mauvais bergers de France, (où l’ont-ils conduite, cette pauvre France !) à leur bourrage de crâne.   « La République une et indivisible ! » c’est le chapeau de Gessler, que Guillaume Tell...