Histoire de l’Alsace et indépendantisme alsacien

Une vidéo réalisée courant 2019 dans le cadre du projet « En quête d’Alsace » de Christian Hahn et Michel Deutsch. Voici le commentaire de Bernard Wittmann au sujet de cette interview : Il faut écouter tout ce que dit Joseph Schmittbiel dans cette vidéo. Il colle parfaitement à la vérité historique et, à bien des égards, fait voler en éclat la chape de plomb destinée à maintenir les Alsaciens dans l’ignorance de leur histoire propre.  À maintes reprises, il casse les insupportables clichés faits pour occulter ou travestir. Mais aussi, il propose une autre voie pour l’Alsace, une voie pour sortir de la sujétion, une voie libératrice et démocratique : celle de l’émancipation pour enfin donner aux Alsaciens le droit élémentaire de disposer d’eux-mêmes. Ce faisant, il témoigne d’un courage rare dans ce pays où la population, infantilisée et tenue dans l’ignorance de son passé, vit toujours dans un rapport dominé-dominant. B. Wittmann 30 décembre...

Les actes du colloque Joseph Rossé sont en vente !!!

Ce colloque s’est tenu le 28 octobre 2017 au Grand Hôtel Bristol à Colmar. J’étais invité pour évoquer la vie de Marcel Stürmel, camarade de lutte et d’infortune de Joseph Rossé. Vous trouverez ci-dessus la vidéo de mon intervention. Merci à Nicolas pour la réalisation des vidéos, vous trouverez les liens vers les différentes interventions en cliquant ici. La journée fut très riche en informations, c’est pourquoi Michel Krempper, président du Cercle Joseph Rossé, avait promis que les actes du colloque seraient rapidement publiés. Promesse tenue ! Présentation : Joseph Rossé (1892-1951) est le plus éminent homme public que l’Alsace ait connu dans la première moitié du XXe siècle. Lourdement condamné en 1947 dans un procès de l’Épuration, il sort aujourd’hui de la damnation mémorielle dans laquelle il a alors été enfermé. En effet, soixante dix ans après, un Cercle Joseph Rossé a été créé en vue de le faire connaître aux jeunes générations. Ainsi, le 28 octobre 2017, s’est tenu à Colmar un colloque binational réunissant historiens et juristes franco-allemands pour étudier la levée définitive de l’interdiction de mémoire frappant ce grand Alsacien. Le présent opus rassemble les différentes interventions présentées durant cette Journée.  Table des matières Introduction Accueil et ouverture : Nadia Hoog  Introduction en langue régionale : Joseph Schmittbiel    Joseph Rossé jusqu’à la Seconde Guerre mondiale L’Alsace politique entre 1919 et 1939 : François Waag, historien. Joseph Rossé et l’Union Populaire Républicaine (UPR) : Eric Ettwiller, professeur agrégé d’histoire. Camille Dahlet, le libre-penseur, avec Rossé jusqu’au bout : Jean-Claude Streicher, journaliste et historien. Marcel Sturmel, homme politique et historien de la Heimatbewegung : Joseph Schmittbiel....
Le journal de prison de Marcel Stürmel : 24.2.-1.5. 1928 !

Le journal de prison de Marcel Stürmel : 24.2.-1.5. 1928 !

  Le présent document est inédit et une fois de plus je remercie Monique Bilger de m’avoir autorisé à le publier. Il s’agit du journal de son père, Marcel Sturmel, qui couvre la période de son incarcération avant le fameux procès de Colmar, à savoir du 24 février au 1er mai 1928 (vous trouverez une brève description de ce procès dans cette vidéo à partir de 6’58 cliquer ici).   Je laisse les historiens juger de l’importance de ce texte. Il me semble qu’il ne contient aucune révélation mais on y retrouve les méthodes habituelles de la démocratie française : Marcel Sturmel, citoyen loyal et innocent (il sera acquitté à l’issue du procès) se retrouve en prison durant trois mois uniquement pour des raisons politiques !   Il évoque les conditions de son incarcération : nous sommes en hiver, et du 24 février au 9 mars sa cellule n’est pas chauffée, le seau d’aisance n’est pas vidé régulièrement. Il se retrouve seul, n’a pas le droit de communiquer avec les autres accusés, son courrier est retenu. Durant de longues semaines, il n’a droit ni aux livres, ni aux journaux.   Pourtant le ton reste calme et posé, une seule fois Sturmel s’emporte contre celui qu’il considère comme le responsable de son malheur : Riehl, qui a travaillé pour la police comme agent provocateur.   Mais ces pages révèlent également une des difficultés majeures que doit affronter tout opposant politique : pendant que les hommes au pouvoir ont tout loisir de profiter du confort et des revenus de leur position, celui qui s’engage avec trop de succès pour ses idées...
Winzenheim et le procès du complot des autonomistes en 1928 : un document qui nous raconte l’histoire !

Winzenheim et le procès du complot des autonomistes en 1928 : un document qui nous raconte l’histoire !

Je remercie ici une fois de plus la famille de Marcel Stürmel qui a mis de précieux documents à ma disposition. Je fais de mon mieux pour les rendre publics le plus rapidement possible.   Le présent article est consacré à une double feuille Din A4 (voir illustrations) malheureusement isolée. Il s’agit de la liste des donateurs de Winzenheim (aujourd’hui Wintzenheim) en Haute Alsace, en soutien aux victimes du procès des autonomistes de 1928 !   J’invite celles et ceux qui désirent savoir en deux minutes de quoi il retourne dans ce procès à regarder cette vidéo (cliquer ici) entre 6’58 et 8’40.   Nous sommes donc en août 1928. Le procès des autonomistes s’est déroulé à Colmar entre le 1er et le 24 mai de la même année. La justice est bafouée, les Alsaciens le savent bien, et pour soutenir les condamnés, les autonomistes lancent des listes de soutien. Dans combien de villes et de villages d’Alsace ? Et lesquels ? Je n’ai pas les moyens de le savoir pour le moment, cette liste-ci ne concerne que Winzenheim.   Quelques chiffres pour comprendre ce document :   Le »Verzeichnis der Gemeinden und Kreise im Elsaß« publié en 1944 par la Straßburger Druckerei und Verlagsanstallt cite un recensement du 8 mars 1936 selon lequel la commune de Winzenheim compte à cette date 888 foyers pour 2984 habitants.   Dans « L’ouvrier alsacien et l’expérience du Front populaire » de André Braun publié en 1938 par l’Institut Scientifique de Recherches Economiques et Sociales, je tire les chiffres suivants :   Le salaire (horaire) minima stipulé dans les marchés passés au nom de l’Etat, des départements, des communes...
Nos Loups Noirs, notre histoire, nos espoirs

Nos Loups Noirs, notre histoire, nos espoirs

  Ewald Jaschek est mort. Ce mardi 12 avril 2016 à Village Neuf, Catherine Dahmane et quelques camarades ont accompagné Pierre Rieffel sur sa tombe pour y déposer une gerbe, qu’ils en soient ici remerciés.   Je ne vais pas retracer l’histoire des Loups Noirs, j’invite les lecteurs qui veulent la découvrir à consulter la bibliographie ci-dessous. J’aimerais simplement préciser les raisons qui me poussent à m’incliner devant leur courage.   Le monde médiatique et politique dans lequel nous baignons nous invite, nous incite, nous enjoint de juger les personnes et les choses exactement de la même manière qu’il nous pousse à consommer : à la va-vite et surtout sans réfléchir. Cette fille a une plastique irréprochable ? Fais comme elle, mange ce yaourt, achète ces godasses, souscris la même assurance, prends un crédit comme elle ! Ce type a mis le feu à une baraque du Struthof ? Il s’est rendu à des réunions néonazies en Allemagne ? Maudit soit-il ! Tu dois l’exclure de la communauté des humains ! Et surtout veille en toute circonstance à te distancier de sa personne et de ses actes !   Le pire, c’est qu’ici je n’exagère pas d’un iota.   Pour moi, les Loups Noirs, c’est avant tout l’histoire d’une immense douleur humaine, des histoires individuelles avec des valises pleines de souffrances, des destins brisés qui se rencontrent dans un contexte politique particulier, et qui, pour crever l’abcès, passent à l’action.   Le détonateur, c’est la parole interdite.   Si la république française était une démocratie, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un grand parti chrétien social régionaliste aurait vu le jour en Alsace. Ayant son siège...
La vérité sur l’affaire Sturmel, exposé d’un juriste alsacien

La vérité sur l’affaire Sturmel, exposé d’un juriste alsacien

Je publie ici un document anonyme daté de 1948 et intitulé : « La vérité sur l’affaire Sturmel, exposé d’un juriste alsacien ».   Il s’agit de 19 pages dactylographiées et non signées. L’original est détenu par la famille de Marcel Sturmel et rejoindra dans les années à venir le fond Marcel Sturmel de la bibliothèque universitaire de Strasbourg (BNUS). Un certain nombre de copies de ce document on été faites, mais je n’ai aucune idée de sa diffusion à l’époque. J’ai respecté les parties soulignées telles qu’elles le sont dans l’original.   Bien qu’anonyme, ce texte a une grande valeur, car à sa lecture, on constate que l’auteur a une parfaite connaissance du dossier. S’agit-il de l’avocat Julien Kraehling, ami personnel de Marcel Sturmel, ou de Maître Obringer qui l’a défendu au procès de 1947 ? Possible, mais je n’en ai aucune preuve. En tout cas, le fait qu’un juriste alsacien soit obligé de publier un tel écrit quasiment sous le manteau en dit long sur l’ambiance juridique qui pouvait régner en Alsace durant ces années d’après-guerre.   Après le discours de Marcel Sturmel consultable ici et sa biographie succinte consultable ici ce document permettra aux internautes de se faire une meilleure idée des épreuves auxquelles cet homme admirable fut confronté, puisqu’il nous offre un tableau presque complet de sa situation « Entre le marteau et l’enclume », pour reprendre ses propres termes.   Pour ceux qui préfèreraient lire ce document sur papier, je l’ajoute également en format pdf : La vérité sur l’affaire Sturmel Joseph Schmittbiel La vérité sur l’affaire Sturmel Exposé d’un juriste alsacien     Par arrêt de la Cour...
Marcel Sturmel, une biographie succinte

Marcel Sturmel, une biographie succinte

(Illustration : portrait de Marcel Stürmel « Federzeichnung » par Robert Kuven, non daté, probablement début des années 1930) A l’occasion d’une précédente publication, reproche m’a été fait d’avoir qualifié Marcel Sturmel d’autonomiste alors que lui-même, comme on peut le lire dans les CV qu’il a rédigés, se serait plutôt considéré comme un régionaliste. Trois raisons me poussent à persister dans ce choix :   1) Du vivant de Marcel Sturmel, le qualificatif d’autonomiste était discriminant. La propagande d’Etat en avait fait un équivalant, d’abord de séparatiste, puis de nazi et permettait d’exclure la personne ainsi dénommée de tout débat démocratique. Dans ce contexte, il était parfaitement logique que Sturmel se désigne lui-même comme un régionaliste. 2) La différence entre autonomisme et régionalisme est extrêmement ténue et relève souvent de l’interprétation personnelle. Selon le degré de régionalisme que vous revendiquez pour votre région, vous devenez autonomiste et inversement. 3) Enfin, Marcel Sturmel s’était rendu coupable d’un péché contre l’Etat centralisateur pour lequel il n’existe pas de pardon, en effet, il était l’un des signataires du Manifeste du Heimatbund. Ce geste, d’un courage que nos contemporains ont bien du mal à percevoir aujourd’hui, le place, pour moi tout comme pour ses détracteurs, définitivement dans le camp des autonomistes alsaciens.   Quoi qu’il en soit, Marcel Sturmel n’a jamais milité pour la séparation de l’Alsace et de la France et s’est, en toutes circonstances, comporté de façon loyale et même patriotique vis à vis de ce qu’il considérait comme son pays : la France. En outre, dans les périodes où la liberté d’expression le permettait, il a toujours condamné sans appel le régime et la...