France Bleu Elsass Frei !!!

France Bleu Elsass Frei !!!

par Joseph Schmittbiel Comme je l’ai expliqué dans deux précédents articles (lire ici et ici), la direction de France Bleu a une façon bien singulière de défendre le service public. Le seul émetteur véhiculant encore la langue alsacienne va être supprimé au 1er janvier 2016. Les personnes âgées qui, pour diverses raisons, ne pourront pas passer au numérique, vont donc être privées de radio uff Elsässisch.   C’est déjà rageant, mais le véritable scandale date de 1992. Cette année-là, Radio France évacue le dialecte de la bande FM en lui consacrant une chaîne dédiée… sur les ondes moyennes. Non seulement cela revenait à le couper des jeunes générations et donc à le condamner à mort, mais en plus, ce choix était infiniment plus cher qu’un émetteur FM. Une fois de plus, les Alsaciens payaient pour se faire arracher leur langue.   Voici ce que m’écrit un correspondant bien au fait de ce sujet pour avoir travaillé dans ce domaine :   Ce qui est lamentable dans cette histoire, c’est que France Bleu Elsass ait été diffusé sur cet émetteur désuet des Ondes Moyennes durant toutes ces années simplement parce que Radio France ne savait pas quoi faire de cet émetteur payé à prix d’or (ici c’est moi qui souligne JS) à TDF en raison des contrats existants à l’époque où les ondes moyennes servaient de support à la défense nationale en cas de conflit.   Depuis, les moyens modernes de communication leur ont fait perdre cette utilité et donc Radio France a enfin été autorisé à ne plus les utiliser.   De toute évidence, un émetteur FM aurait coûté...
Lettre ouverte à Roland Ries, Maire de la ville de Straßburg im Elsass

Lettre ouverte à Roland Ries, Maire de la ville de Straßburg im Elsass

Monsieur le maire,   Strasbourgeois de naissance et dialectophone du quotidien, je défends notre dialecte depuis de nombreuses années. Lauréat du prix d’écriture de pièces de théâtre en alsacien décerné par le Conseil Régional en 1998, traducteur de Germain Muller pour les éditions Hirlé, traducteur de Marie Hart pour la Ville de Bouxwiller et les éditions Yoran, je diffuse – entre autres articles et vidéos – des enregistrements d’auteurs dialectaux sur mon blog qui, sans cela, ne bénéficieraient d’aucun accès ou presque, sur le net.   Vous avez eu la sagesse de changer d’avis au sujet des panneaux d’entrée de la ville de Straßburg et c’est pourquoi je tiens à vous exprimer publiquement mon soutien, ainsi qu’à votre adjoint, Monsieur Fontanel, sur ce sujet.   Votre position est délicate et je la comprends d’autant mieux que je sais qu’en défendant la solution Straßburg, je heurte bon nombre de ceux qui me suivent et apprécient par ailleurs mon travail. Il est même probable que ce choix soit minoritaire parmi les Alsaciens qui comprennent encore le dialecte – à défaut de le pratiquer quotidiennement – il serait donc plus aisé pour moi de me taire et de laisser passer, mais ma conscience me l’interdit.   En matière linguistique, l’Alsace se retrouve aujourd’hui face à un champ de ruines. Les Alsaciens ne pratiquent plus leur langue, ils ne connaissent leur histoire singulière que par bribes et les liens entre leur dialecte et la langue allemande standard leur sont parfaitement inconnus.   J’en veux pour preuve le conseiller Jean-Philippe Maurer qui lors du débat a évoqué l’œuvre d’André Weckmann pour défendre la solution...
France Bleu contre-attaque !

France Bleu contre-attaque !

par Joseph Schmittbiel Mon article du 23 octobre 2015 (cliquer ici pour le lire) a contraint la direction de France Bleu à modifier sa stratégie de communication. Le pot aux roses étant découvert, il n’était plus possible d’attendre la fin des élections pour annoncer qu’on allait supprimer l’antenne France Bleu Elsass : il fallait s’y prendre autrement.   Oserai-je l’avouer ? Au fond de moi brillait une lueur d’espoir, j’imaginais la radio de service public faire amende honorable, s’excuser même pour ces 23 années de diffusion de notre langue régionale sur un émetteur pourri, pour finalement nous annoncer qu’un confort d’écoute en FM aurait coûté moins cher. Faute avouée aurait été pardonnée, une nouvelle grille de programmes entièrement en alsacien aurait enterré le passé, je nous voyais tombant dans les bras les uns des autres en pleurant des larmes de joie sur notre dignité retrouvée… Bon, ça, vous l’aurez compris, c’est mon côté midinette, mon côté « un jour ma princesse viendra », j’ai tellement envie d’y croire que je m’égare en délires. Attendre des excuses du pouvoir parisien c’est comme espérer qu’un canard se mette à jouer au tennis : c’est complètement con.     Donc, six jours plus tard, le vendredi 30 octobre 2015, les DNA nous pondent un article (cliquer ici pour le lire) dont l’intitulé révèle une audace ébouriffante :  « A partir du 1er janvier 2016, France Bleu Elsass devient numérique » Woaow !!! Quel scoop ! Hé les gars, vous êtes au courant que cette radio est sur le web depuis trois ans ? Regardons dans les détails. Déjà, écrire radio « numérique », c’est une arnaque. « Webradio » serait...
Lettre du comité fédéral aux trois présidents

Lettre du comité fédéral aux trois présidents

11 avenue de la République – B. 236 – 68000 COLMAR   Colmar, le 3 novembre 2015     à Monsieur Philippe RICHERT Président du Conseil régional d’Alsace à Monsieur Frédéric BIERRY Président du Conseil Départemental du Bas-Rhin à Monsieur Eric STRAUMANN Président du Conseil Départemental du Haut-Rhin   Monsieur le Président,   Grâce à la langue régionale de nombreux Alsaciens et Mosellans accèdent à plusieurs dizaines de milliers d’emplois nécessitant la maîtrise de l’allemand (ou du dialecte) au niveau national et dans les pays germanophones. Grâce aux classes bilingues de plus en plus de jeunes Alsaciens s’inscrivent dans des cursus universitaires français/allemand bi- ou tri-nationaux.   Le 1er juin 2015 vous avez signé deux conventions avec l’Etat (Education Nationale) en continuité des quatre conventions successives depuis 1989, dans le cadre des dispositions législatives et réglementaires relatives aux langues régionales.   Les langues régionales d’Alsace et de Moselle comprennent en vertu de dispositions réglementaires, « l’allemand » (Hochdeutsch ou Hochsprache), forme standard et littéraire, langue d’enseignement, et les variantes dialectales (Elsasserditsch, Platt), formes orales.   La convention cadre sur la « politique des langues vivantes » dans l’académie de Strasbourg et la région Alsace vise la période 2015/2030. La convention opérationnelle (2015/2018) est sensée mettre en œuvre les objectifs fixés par la convention cadre. Ces conventions ne garantissent pas les ambitions, bien modestes, affichées à l’horizon 2030 : – 50% des élèves de maternelle en voie bilingue à parité horaire; – 25% de ces élèves en cursus bilingue en sixième.   En effet, la convention opérationnelle ne dure plus 6 ans, mais trois. La participation financière programmée jusqu’en 2018, pourra être supprimée par l’ACAL,...

Breizh – Elsass – Unabhängigkeit!

  Ce samedi 17 octobre 2015, nous nous sommes rendus, mon camarade Mario Zimmer et moi-même, en Bretagne, à Gwengamp plus précisément. La fondation Yann Fouéré nous avait invités à participer à une conférence intitulée : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales.   Je tiens ici à remercier nos amis bretons pour leur invitation et surtout pour l’engagement et l’énergie dont ils font preuve. Leur totale compréhension pour la situation de l’Alsace nous a profondément touchés. En gros, la Bretagne est annexée depuis cinq siècles, et pourtant, aujourd’hui encore, des Bretons se lèvent pour tenir tête à Paris. Un constat qui donne du courage lorsqu’on s’apprête à faire face à un rouleau compresseur tel que l’ALCA.   Plutôt qu’un résumé de cette rencontre, où il a beaucoup été question de l’Ecosse, de la Catalogne et bien sûr de la Bretagne, je vous propose une série de liens qui vous présenteront les différents intervenants. Ci-dessus, vous pouvez visionner mon intervention, nos hôtes m’avaient demandé de parler de la violation de la Charte Européenne de l’Autonomie locale par la France et de la situation de l’Alsace. Merci à l’Agence Bretagne Presse pour la captation et la mise en ligne !   Pour commencer voici un nouveau site passionnant dont l’idée serait directement transposable en Alsace. Il s’agit de mettre en ligne et gratuitement à disposition des internautes, tous les documents historiques concernant la Bretagne. L’Institut de Documentation Bretonne et Européenne a créé sa bibliothèque numérique. Allez-y voir, c’est un excellent projet ! (cliquer ici)   Je vous laisse découvrir les différents intervenants (il suffit de cliquer sur le...
L’alsacien sur France Bleu ? A la poubelle !

L’alsacien sur France Bleu ? A la poubelle !

par Joseph Schmittbiel illustrations de Raymond Piela tirées de l’album « Heimweh »   Fidèles à une longue tradition bien française, les directions alsacienne et parisienne de France Bleu préparent un nouveau coup tordu contre notre langue régionale. Mais ces ennemies résolues de la diversité se gardent bien d’annoncer la couleur avant les élections régionales. Ces chers Alsaciens … on attend peinards qu’ils aient sagement accordé leurs suffrages aux partis nationaux – comme d’habitude – pour ensuite seulement leur annoncer officiellement qu’ils pourront une fois de plus se carrer leur langue de bouseux dans le fondement. Analyse d’une opération où le cynisme et la rouerie sont au service d’un racisme linguistique qui peut désormais parachever en toute quiétude le génocide culturel.   1992 : le directeur de la radio régionale (qui s’appelle encore Radio France Alsace), décide de virer toutes les émissions en alsacien de l’antenne FM pour les basculer sur les ondes moyennes. L’homme qui opère cette épuration est un Corse, Dominique Antoni. J’imagine la réaction de nos frères corses si un Alsacien avait eu l’arrogance de faire un tel ménage sur l’île de beauté… A l’époque, Adrien Zeller s’érige contre cette façon de faire, mais il est vite calmé par les arguments de Paris : Vous aurez plus d’heures de diffusion en ondes moyennes ! Mais à quoi sert l’augmentation de la diffusion sur un émetteur désuet, à des horaires sans audience et dont Paris ne veut pas ? Et pour ce qui est de capter la chaîne, on te souhaite bonne chance camarade dialectophone. A Strasbourg par exemple, c’est quasiment impossible !   Et bien entendu, aucun des directeurs qui se succèdent depuis...
Conférence : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales

Conférence : Vers une nouvelle Europe – Assurer les droits des minorités nationales

Ce 17 octobre 2015, je suis invité par des amis bretons à participer à une conférence à Gwengamp (Guingamp), en présence, entre autres, de Christian Troadec et de la famille de Yann Fouéré. En attendant de vous en dire plus, je vous invite à lire quelques lignes de cet auteur toujours d’actualité :   Le remplacement de langues et cultures nationales (comprendre « régionales » ndlr) par une langue et une culture plus répandue peut résoudre certains problèmes politiques, mais cela ne peut être fait sans graves préjudices humains. Le droit naturel, l’humanité, la nature s’opposent à la formation de communautés artificielles et imposées qui ne peuvent qu’entraîner le déracinement de l’homme et sa mutilation spirituelle. Les peuples et les hommes distincts qui les composent doivent être conduits et guidés vers leur plus grand épanouissement par une protection et par une stimulation de leur vie culturelle et nationale. Ainsi seulement l’intégration d’un peuple dans une collectivité plus large peut-elle se faire sans diminution et sans une perte irréparable de valeurs humaines pour l’humanité. Le génocide spirituel et culturel est un attentat à la vie de l’homme autant que l’extermination matérielle. Le contact, au contraire, entre communautés culturelles diverses et culturellement respectées est une source profonde d’enrichissement. Si dès lors l’unification européenne doit se faire, et nous savons qu’elle est urgente et nécessaire, l’ordre politique qui la concrétisera et la réalisera devra garantir l’existence et l’épanouissement de ces communautés dont la diversité fait la richesse de notre civilisation. L’unification sociale croissante des sociétés humaines doit être balancée par une différenciation croissante des cultures et des sociétés politiques, par la préservation de toutes...
Straßburg ou Strossburri ?

Straßburg ou Strossburri ?

Roland Ries a eu l’intelligence de changer d’avis au sujet de la signalétique de la ville de Strasbourg (voir ci-dessous l’article des DNA du 13 octobre). En attendant la décision finale de la ville, je reproduis ici de larges extraits du courrier que lui avait adressé le Comité fédéral pour la langue et la culture régionales en Alsace et en Moselle germanophone. Sa présidente, Monique Matter, exprimait le point de vue du comité sur le sujet. Un point de vue que je ne peux que partager pour des raisons que j’exposerai dans mes vidéos à venir. Je ne sais pas si ce sont les DNA qui se sont plantées dans la retranscription ou si c’est Jean-Philippe Maurer qui a fait l’erreur, mais je ne connais pas d’Eugène Weckmann écrivain régional. Il voulait à coup sûr parler d’André Weckmann qui lui, avait trois langues de travail. Je pense l’avoir suffisamment connu et lu pour pouvoir dire qu’il ne se serait certainement pas contenté de la seule signalétique dialectale. Relisez, ou lisez, monsieur Maurer, « Die Kultur des Zusammenlebens », « Ofschlagé, eine elsässische Allegorie », « Z wie Zwirbel » et les innombrables documents pédagogiques qu’a produit ce grand défenseur des multiples facettes de notre culture. Ce débat révèle une fois de plus la grande habileté de la « diplomatie » française, qui, par son école, a su priver le peuple alsacien de son histoire et de ses références linguistiques. Joseph Schmittbiel Extraits du courrier du Comité fédéral : Nous souhaitons aussi vous faire part d’un autre regard sur l’affichage bilingue des rues et des entrées d’agglomération à Strasbourg. Autant il est vital pour une langue régionale de...